Programme

Notre vision pour le Canton de Vaud à 2050

Pour télécharger le programme du PS Vaudois 2027-2032


Le texte ci-dessous est le fruit d’un travail participatif durant l’été 2026 par les membres du Parti socialiste vaudois. Nos idées et notre vision pour le canton de Vaud se projettent non seulement pour la législature 2027-2032, mais aussi au-delà.

En 2050, la Suisse se sera réchauffée en moyenne de plus de 4° par rapport à l’air préindustrielle. Les effets du changement climatique affectent la qualité de vie des habitantes et des habitants, mais des politiques publiques courageuses en matière d’adaptation ont permis d’accompagner ces transformations et d’en atténuer les impacts. Dans ce cadre et en priorisant le bien-être de la population, le Canton de Vaud est devenu ce que l’action publique doit toujours viser : un territoire où chacune et chacun peut vivre dignement, participer aux décisions collectives et se projeter dans l’avenir sans que l’origine sociale, le revenu, le genre, l’âge, le lieu de vie, le handicap ou le statut migratoire ne déterminent la place occupée dans la société. Cet horizon n’est pas celui d’une utopie abstraite ; il est le résultat d’un choix politique clair : placer les besoins de la population, la justice sociale et la protection du climat au coeur de toutes les politiques cantonales.

Dans ce Vaud de 2050, le logement n’est plus un marché livré à la spéculation, mais un droit effectivement garanti. Les loyers sont maîtrisés, les logements d’utilité publique et coopératifs structurent les quartiers et les villages, et chaque commune participe à l’effort collectif. Les bâtiments sont sobres, rénovés, accessibles et adaptés aux nouvelles réalités climatiques. Autour d’eux, des espaces publics végétalisés, des îlots de fraîcheur, des points d’eau et des lieux de rencontre permettent de vivre mieux, de renforcer les solidarités de voisinage et de préserver la santé de toutes et tous. L’agriculture est soutenue face à une crise qui touche ses activités de plein fouet.

Le canton a fait de la santé, du social et du care des piliers de sa cohésion. Les soins sont accessibles, de proximité, préventifs et inclusifs, indépendamment du revenu ou du lieu de résidence. L’accompagnement des seniors, la prise en charge des personnes vulnérables et la reconnaissance du travail du soin font l’objet de moyens durables et effectifs. La santé mentale des jeunes, particulièrement touché·es par les dégradations environnementales croissantes, sera une priorité de l’Etat. Le personnel de la santé, du social, de l’enseignement, de l’accueil de l’enfance et des services publics est reconnu et correctement rémunéré. Travailler ne signifie plus s’épuiser, ni rester pauvre : les salaires permettent de vivre dignement, les conventions collectives sont renforcées et la formation continue ouvre de vraies possibilités de reconversion face aux mutations technologiques et climatiques.

L’école publique vaudoise est devenue l’un des grands instruments de l’égalité réelle. Elle donne à chaque enfant, à chaque jeune et à chaque adulte les moyens de comprendre le monde, d’y prendre part et de choisir sa voie. Les besoins particuliers sont mieux accompagnés, l’apprentissage est valorisé, les hautes écoles demeurent accessibles, et la formation aux enjeux climatiques, démocratiques, numériques et sociaux traverse tout le parcours éducatif. Le vivre-ensemble, l’égalité, la lutte contre les discriminations, l’esprit critique et la participation citoyenne y sont enseignés comme des compétences essentielles pour chaque citoyen et citoyenne de ce canton.

En 2050, le canton de Vaud a contribué de manière significative à la transition écologique parce qu’il l’a pensée comme une transition sociale. La décarbonation de l’économie, la sobriété énergétique, la production renouvelable, la préservation de l’eau, la biodiversité, l’agriculture durable et les circuits courts ne sont pas opposés au progrès social : ils en sont les conditions. La mobilité est devenue accessible et abordable, avec des transports publics fréquents dans toutes les régions, des liaisons ferroviaires renforcées, des réseaux cyclables et piétons sûrs, et une réduction massive de la dépendance à la voiture individuelle. Les territoires ruraux, urbains et de montagne sont pensés ensemble, dans une logique de solidarité cantonale.

Ce canton est aussi un canton de droits. Les femmes et les hommes y bénéficient d’une égalité effective, les personnes LGBTQIA+, les personnes en situation de handicap, les personnes migrantes et toutes celles qui subissent des discriminations disposent de protections concrètes, de voies de recours accessibles et d’une pleine reconnaissance. La justice est de proximité, respectueuse des droits fondamentaux, et la sécurité repose sur la prévention, la médiation, la désescalade et la confiance. Les prestations publiques restent accessibles à toutes et tous, y compris aux personnes éloignées du numérique ; les outils technologiques et l’intelligence artificielle sont utilisés de manière transparente, souveraine et strictement orientée vers le bien commun.

Ce Vaud de 2050 est enfin un canton profondément démocratique et solidaire. Il ne pourra se construire que grâce au collectif. Les jeunes, les seniors, les communes, les associations, les syndicats, les milieux culturels, agricoles, sportifs et économiques participent aux choix collectifs. L’État anticipe les crises plutôt que de les subir, évalue ses politiques, investit dans les infrastructures et assume une fiscalité juste pour financer les prestations indispensables. C’est un canton ouvert, humaniste et courageux, où l’intérêt général prime sur l’individualisme, où le bonheur collectif n’est pas un slogan mais une boussole, et où chacune et chacun trouve sa place dans une société émancipatrice.

Chapitre 1: Santé et social

La santé est un pilier essentiel du bien-être et de la cohésion sociale. Pourtant, malgré son importance fondamentale, l'égalité d'accès aux soins et à la prévention n'est pas une réalité pour toutes et tous. Les obstacles géographiques, financiers et administratifs limitent encore l'accès aux prestations de santé et accentuent les inégalités. Parallèlement, l'augmentation des maladies chroniques, la progression des troubles psychiques et le vieillissement de la population imposent de renforcer une offre de santé de proximité, solidaire et inclusive. La dégradation préoccupante de la santé mentale, en particulier chez les jeunes, appelle une mobilisation forte des pouvoirs publics et doit devenir une priorité des politiques de santé. Enfin, notre système de santé repose de plus en plus sur des professionnel·les formé·es à l'étranger. Si leur contribution est indispensable et constitue une richesse pour notre système de soins, cette dépendance ne peut être une solution durable. Le Canton doit investir davantage dans la formation, l'attractivité et la fidélisation des professionnel·les de la santé en Suisse, conformément aux objectifs de l'initiative pour des soins infirmiers forts, tout en garantissant une intégration adaptée aux réalités et aux exigences du système de santé vaudois. Quant au social, il illustre une réalité crue : plus les inégalités progressent, entraînées par le système libéral, plus l'Etat est appelé à intervenir pour limiter ou faire disparaître les inégalités et investir pour assurer un accès de base aux besoins élémentaires. La prospérité, fruit de toute la société, est confisquée à une large partie de la population par une minorité qui ne souhaite ni contribuer à l'impôt, ni améliorer les conditions salariales ni partager les fruits de la production. Le rôle du PS est ici fondamental : faire en sorte que la prospérité bénéficie à toutes et tous, dans un monde pétri d'inégalités grandissantes, et prendre soin des plus vulnérables. Le filet social constitue le socle à protéger et à renforcer.

Chapitre 2: Logement

Le logement est un droit fondamental et non un privilège. Pourtant, la pénurie et la hausse des loyers fragilisent une part croissante de la population. Il est donc primordial de se mobiliser pour une politique du logement forte, capable de garantir à chacune et chacun l’accès à un logement digne, indépendamment du revenu ou de la situation sociale. Nous nous engageons à développer une politique pour que les logements soient et restent abordables. Freiner la spéculation est nécessaire ! Les axes sont pluriels, notamment en renforçant le contrôle des loyers, en augmentant la part de logements d’utilité publique ainsi qu’en développant les politiques foncières cantonales et communales. Car derrière chaque loyer inaccessible, il y a des vies sous pression, des familles qui renoncent, des jeunes et seniors qui ne peuvent plus se projeter et des personnes contraintes de choisir entre se loger et vivre dignement. Le logement ne doit plus être une source d’angoisse, mais la base d’une vie stable, digne et sereine pour toutes et tous.

Chapitre 3: Travail et emplois

Vivre dignement de son travail doit être possible pour toutes et tous dans le Canton de Vaud. Les femmes, les personnes d’origine étrangère et les familles monoparentales sont surreprésentées parmi celles et ceux dont les emplois ne permettent pas de boucler la fin du mois sans l’aide de l’Etat. Le bien-être au travail n’est d’ailleurs pas qu’un enjeu de salaire ; il passe aussi par le temps de travail, l’équilibre entre vie privée et professionnelle, et l’épanouissement professionnel. Par ailleurs, le biais de genre demeure ancrés dans le monde du travail (de l’orientation des jeunes à l’évaluation des collaboratrices et collaborateurs), et le harcèlement sexuel banalisé. Face à la pression sur les salaires et à la dégradation des conditions de travail, nous refusons les politiques d’austérité sur le dos des salariées et des salariés. Nous nous engageons pour un travail qui ne rende pas malade, des salaires justes, des conditions de travail respectueuses et une protection renforcée face aux mutations économiques. Certains corps de métiers dans le Canton (social, santé, métiers du care, vente, artisanat) sont particulièrement touchés par des conditions difficiles. De plus, la transformation du marché du travail, notamment les mutations liées au numérique et la généralisation de l’IA, menace les postes de travail dans les bureaux, la comptabilité et les métiers créatifs. Pour les employé-es concerné-es, il est essentiel de garantir un accès élargi à la formation continue et certifiante.

Chapitre 4: Formation - enseignement - éducation

Nous voulons faire du système de formation vaudois un instrument de réduction des inégalités sociales de parcours et de réalisation de l’égalité réelle, garantissant à chacune et chacun des conditions équitables d’accès, d’apprentissage, d’orientation et de réussite. Ecolier·ères, étudiant·es, apprenti·es, en formation continue ou en reconversion professionnelle, tous les niveaux sont concernés, de l’école primaire aux hautes écoles ou à la formation tout au long de la vieNous soutenons la mise à disposition de moyens financiers suffisants pour garantir à toutes et tous l’accès à des formations inclusives, durables et respectueuses de la diversité et qui permettent à chacune et chacun de choisir sa place dans la société de demain. L'école vaudoise trie ses élèves à la sortie du primaire, et ce tri conditionne toute la suite de leur parcours. Le système actuel de voies et de niveaux pénalise les élèves de la voie générale et enferme celles et ceux de la voie prégymnasiale dans une trajectoire académique. Nous voulons une école obligatoire sans tri précoce, organisée en un tronc commun jusqu'à la fin de la scolarité, ouvrant à toutes et tous les portes de la formation professionnelle comme du gymnase. Les conditions de travail et de formation des apprenti·es ou, dans certains domaines des stagiaires sont un élément majeur de la valorisation de la formation professionnelle trop souvent délaissé, de même que l’accompagnement des élèves vers la voie professionnelle. Plus que jamais, nous nous rendons également compte de l’importance de la formation continue dans de très nombreux domaines d’activité, qu’il convient de ne pas oublier. Nous affirmons la nécessité d’un système scolaire dans lequel les enseignant·es et les professionnel·les puissent exercer leur profession dans de bonnes conditions, avec les moyens financiers et humains nécessaires à la réalisation de l’école inclusive. Enfin, le système de formation ne doit pas oublier d’accompagner les jeunes exclus de la scolarité ou de la formation post-obligatoire ; les mesures de transition et le suivi du parcours des adolescent·es restent fondamentaux pour éviter le décrochage.
5

En plus des mesures préventives sur le bien-vivre ensemble et la lutte contre les discriminations (école de l’égalité, lutte contre le racisme, etc. La gestion du harcèlement-intimidation en milieu scolaire doit être mis sur pied dans le système de formation obligatoire par et post obligatoire par des procédures claires et des méthodes qui ont eu des résultats. Des moyens sont prévus pour accompagner les élèves violents en coordination avec l’école, la police, la justice, la pédopsychiatrie, la protection des mineurs.

Chapitre 5: Energie - climat - environnement

Nous soutenons une transition écologique et énergétique juste, car ce sont avant tout les moins privilégié·es qui contribuent le moins à la dégradation de l’environnement et en subissent pourtant le plus les conséquences des crises environnementales. Alors que les conséquences du changement climatique se font de plus en en plus sentir, notamment en été, il est urgent de construire et mener des politiques publiques climatiques à l’aune de la justice sociale. Une meilleure gestion des ressources naturelles et la recherche de solutions face à la problématique des « gros pollueurs » bénéficieront à toutes et tous. De plus, le développement des énergies renouvelables doit s’accompagner de solutions de stockage afin de garantir un approvisionnement stable tout au long de l’année, de réduire la dépendance aux importations et de pouvoir avancer sereinement sur la sortie du nucléaire. La transition énergétique doit s’appuyer sur la sobriété, une gestion intelligente de l’énergie et une tarification progressive fondée sur les besoins. Renforcer la production locale, agricole, industrielle et énergétique, est essentiel pour gagner en souveraineté. Un tarif social et une maîtrise publique des infrastructures énergétiques permettraient d’assurer un accès équitable à l’énergie. Pour cette raison, nous rejetons la libéralisation du marché de l’électricité – qui entraînerait de fait une privatisation progressive du service public. Elle priverait les collectivités publiques de la maîtrise sur ce service public essentiel et freinerait la transition énergétique. L’approvisionnement en électricité doit être garanti à des prix équitables pour toutes les entreprises et tous les ménages. Enfin, l’économie circulaire, la réduction des déchets et la préservation des ressources naturelles doivent être encouragées.

Chapitre 6: Lutte contre les discriminations

Nous défendons une société où la liberté ne dépend ni de l’origine, ni du genre, ni de la situation sociale, ni de l’âge, ni du handicap, ni de l’orientation affective et sexuelle, ni de l’identité de genre, ni des caractéristiques sexuelles, ni de la religion ou du statut de séjour. Les discriminations ne sont pas seulement le produit de préjugés individuels. Elles sont aussi produites par les rapports de pouvoir, le marché du travail, le marché du logement, les institutions et des règles apparemment neutres qui frappent plus durement certains groupes. Les combattre exige des droits opposables, des contrôles, des sanctions et des moyens collectifs d’action. En matière d’inclusion, chaque personne en situation de handicap doit être titulaire des mêmes droits que le reste de la population et doit pouvoir choisir son lieu de vie, sa formation, ses relations et sa participation à la vie démocratique. Nous voulons passer d’une politique de prise en charge à une politique de droits opposables, d’accessibilité universelle et d’autodétermination.

Chapitre 7: Jeunesse

La jeunesse ne constitue ni un problème à encadrer ni une simple période de préparation à la vie adulte. Les jeunes sont des citoyen·nes à part entière, capables de participer aux décisions collectives, de créer, de s’engager et de contribuer à la société. Pourtant, leur autonomie est fragilisée par le coût du logement, de la formation, de la santé et des transports, par la précarisation de l’emploi et par la difficulté d’accéder rapidement à un accompagnement lorsqu’une situation se dégrade. Souvent attaquée, la "jeunesse" dans toute sa diversité est observée avec méfiance par le marché du travail, le système de formation et une partie des générations plus âgées... à tort. Les jeunes ne démarrent pas toutes et tous avec les mêmes ressources, ont subi la crise du COVID de plein fouet, vivent dans une société plus complexe que des générations précédentes, avec des perspectives d'avenir parfois bousculées par la dureté du monde du travail et fragilisées par des incertitudes multiples. Nous voulons garantir à chaque jeune des droits, des ressources et des espaces lui permettant de construire librement son avenir.

Chapitre 8: Egalité de genre

L'égalité entre les femmes et les hommes est un principe fondamental garanti par la Constitution fédérale. Pourtant, dans les faits, les inégalités persistent dans de nombreux domaines de la vie quotidienne. Les femmes continuent d'être davantage exposées à la précarité, aux discriminations professionnelles, aux violences sexistes et sexuelles, ainsi qu'à une répartition inégale des tâches domestiques et du travail de care. Malgré les progrès réalisés, l'égalité entre les femmes et les hommes demeure un objectif à atteindre. Les femmes et les jeunes filles continuent de faire face à des inégalités persistantes, notamment en matière de précarité, de santé, d'accès à l'emploi, de parcours professionnel et de protection contre les violences. Qu'elles surviennent dans l'espace public, au travail, au sein du foyer, des institutions ou en ligne, les violences sexistes et sexuelles appellent une réponse globale, coordonnée et déterminée. L'égalité passe également par une véritable autonomie économique. Cela implique de garantir un salaire minimum décent, de renforcer les contrôles et les sanctions en matière d'égalité salariale, de mieux protéger les personnes contre les licenciements abusifs, notamment au retour du congé maternité, et d'assurer un accès équitable à l'ensemble des métiers, des responsabilités et des fonctions.

Chapitre 9: Bien vieillir

Les personnes âgées ne sont pas seulement bénéficiaires de soins ou de prestations. Elles participent à la vie économique, familiale, associative, culturelle et démocratique, prennent soin de proches, transmettent des savoirs et contribuent quotidiennement à la cohésion sociale. Les seniors ne sont pas des citoyen·nes de seconde zone, et aspirent comme chacune et chacun à vivre de manière autonome, à développer des compétences à entretenir des rêves et des projets. Vieillir ne doit pas signifier perdre ses droits, son autonomie ou sa place dans la société. Nous voulons garantir à chaque personne la liberté de choisir son mode de vie et son lieu d’habitation, ainsi qu’un accès digne aux soins, aux prestations et à la vie collective. Le maintien à domicile doit être un choix soutenu, et non une obligation dictée par le manque de places ou par des considérations financières. Enfin, dans une société vieillissante, intégrer les seniors dans les processus décisionnels à tous les échelons des politiques, est fondamental pour le PS.
6

Renforcer toutes les mesures permettant de soutenir les proches aidant·es : création d’une allocation cantonale pour celles et ceux qui réduisent ou interrompent leur activité professionnelle afin d’accompagner durablement une personne dépendante, garantie de prestations gratuites et suffisantes de relève, à domicile ou en institution, afin que les proches puissent se reposer, se soigner, travailler ou partir en vacances, renforcement de leur protection sociale et soutien au niveau fédéral à la prise en compte des périodes d’aide dans les assurances sociales et la prévoyance professionnelle.

Chapitre 10: Accueil de jour des enfants

Les premières années de la vie comptent de manière décisive pour le développement de l’enfant, sa santé, sa socialisation et ses apprentissages, et l’accueil parascolaire prolonge ce rôle pendant toute la scolarité obligatoire. Au delà de la garde qui permet aux parents de travailler, l’accueil de jour des enfants est une politique éducative, sociale, familiale et d’égalité. Nous voulons faire de l’accueil de jour un service public universel, où chaque enfant accède à une place de qualité quels que soient son lieu de domicile, ses besoins particuliers, les revenus de ses parents, leurs horaires ou leur situation professionnelle. Cette ambition suppose de meilleures conditions de travail et de meilleurs salaires pour les professionnelles et professionnels qui accomplissent cette mission. Elle suppose aussi un financement mieux réparti : aujourd’hui, les parents et les communes assument ensemble plus des trois quarts du coût de l’accueil de jour. Cet engagement est menacé par une modification de la loi fédérale sur l’accueil de jour, qui consacre un nouveau système de versement de bons aux parents. Le système vaudois pourrait être durablement transformé à l’avenir en raison de la modification de la loi fédérale y relative, et il conviendra de ne pas rater le train en marche afin d’éviter un affaiblissement du système vaudois qui a fait ses preuves.

Chapitre 11: Finance - fiscalité

Nous défendons une fiscalité juste, solidaire et des services publics forts, accessibles à chacun·e, quel que soit son revenu. Pendant que la droite impose des baisses d’impôts non compensées en érigeant l’austérité en dogme, le Canton voit ses finances fragilisées et ses prestations essentielles menacées. Aujourd’hui, ce sont surtout les riches qui souscontribuent à l’impôt. Lorsque l’inflation frappe, le pouvoir d’achat des plus aisés ne baisse pas, contrairement à celui de la classe moyenne. Nous refusons que 99% de la population vaudoise soit victime des chantages à l’exil fiscal des plus aisé·es, qui pour la plupart bénéficient d’ores et déjà de déductions fiscales massives comme le bouclier fiscal ou les forfaits fiscaux. Les baisses d’impôt imposées par la droite n’auront, quant à elles, presque rien changé à la vie de la classe moyenne. Pire, alors qu’elles ne bénéficient quasiment pas aux personnes qui en ont besoin, elles contribuent à affaiblir les moyens pour financer le service public. Le PS vaudois refuse cette logique du démantèlement et s’engage pour que l’Etat dispose des moyens nécessaires pour répondre aux besoins de la population, tout en garantissant l’égalité devant l’impôt et l’égalité d’accès aux prestations publiques, fondamentaux de la cohésion sociale. Nous fustigeons en outre la concurrence fiscale intercantonale y compris pour les entreprises, qui crée des instabilités importantes pour l’économie locale, des délocalisations et, là encore, qui pousse les collectivités publiques à toujours baisser davantage l’impôt, alors même que celui-ci permet notamment de proposer des conditions-cadres agréables aux PME.

Chapitre 12: Transports - mobilité

Se rendre sur son lieu de travail, aller à son club de sport, marcher ou prendre son vélo pour rester en forme, amener ses enfants à la crèche, se rendre au cinéma ou voyager sont autant d’exemples qui illustrent les besoins de déplacements, ceux qui structurent nos territoires et qui rythment nos vies. Mais le fait de se déplacer d’une destination à une autre, n’est pas toujours un choix, et a des conséquences pour soi-même comme pour les autres : il impacte le pouvoir d’achat d’un ménage, les libertés, sur l’espace à disposition, sur les ressources naturelles, sur les effets sonores, sur la sécurité routière, sur la santé publique. Face à ces conséquences, nous ne sommes pas toutes et tous égaux·ales, selon nos revenus ou nos lieux de vie et de travail. Les ménages à bas et moyens revenus subissent bien plus l’augmentation des tarifs de transport, sans même parfois bénéficier de meilleures connexions ou correspondances. Dans le Canton de Vaud, la mobilité est la première source de génération de CO2, mais aussi de pollution aux microplastiques. Il est impératif de diminuer les distances parcourues, favoriser le report modal et diminuer l’impact de la mobilité sur notre environnement. Nous défendons une mobilité plus abordable, plus accessible, plus respectueuse tant de la santé publique que de l’environnement, en assurant le financement et le développement des transports publics.
12

Disposer d’un fonds d’urgence destiné à aider les ménages modestes dépendants de leur voiture, par exemple lors d’augmentations soudaines du prix de l’essence. Ce fonds pourrait aussi être utilisé pour proposer des alternatives ; Rendre obligatoire des plans de mobilité scolaire pour chaque établissement de formation obligatoire et postobligatoire, pour favoriser l’autonomie et la sécurité des enfants et des jeunes sur le chemin de l’école et éviter le phénomène des parents-taxis.

Chapitre 13: Agriculture

L’agriculture suisse traverse une crise structurelle. Alors même qu’ils et elles assurent notre sécurité alimentaire, les paysans et les paysannes peinent à en vivre dignement. La rémunération des produits agricoles couvre insuffisamment les charges. Ceci est principalement dû à la concurrence de produits issus de marchés internationaux et à la pression de la grande distribution. Les multiples contrôles et les lourdeurs administratives en lien avec les prestations écologiques requises pour l'obtention des paiements directs, rendent ce métier de plus en plus difficile. Nous voulons promouvoir une agriculture permettant aux agriculteurs·rices et aux éleveurs·euses de vivre dignement de leur travail, et aux Vaudois·es d’avoir accès à une alimentation locale, traçable et de qualité. Il promeut également tout ce qui peut être fait pour permettre au monde agricole d’avoir les moyens de concilier production alimentaire et respect de l’environnement en s’appuyant non seulement sur les connaissances des travailleurs et travailleuses de la terre, mais aussi sur les apports de la recherche et les bureaux de conseil agricole. Par ailleurs, il vaut la peine de rappeler que les femmes représentent 37 % de la main d’oeuvre agricole, mais seulement 7,7 % des cheffes d’exploitations. Cet écart témoigne d’une inégalité problématique dans l’accès aux responsabilités, à la propriété et aux moyens de production. Pourtant, par l’innovation, la diversification et la transition vers une agriculture plus durable et résiliente, les femmes tiennent un rôle essentiel dans l’agriculture. Reconnaître leur rôle permet de promouvoir l’égalité mais aussi un modèle d’agriculture pérenne à taille humaine et de proximité, autrement dit une agriculture paysanne.

Chapitre 14: Economie

Pour le Parti socialiste, l'économie devrait être un outil de progrès social. Elle n'a de sens que si elle garantit à chaque Vaudois·e une vie digne et un travail correctement rémunéré dans un environnement sain. Mais le constat est amer : le capitalisme a échoué à répondre aux enjeux sociaux et de durabilité de notre temps. Ce système se nourrit des crises qu'il engendre lui-même, et permet à une poignée de personnes d'accumuler toujours plus de richesse et de pouvoir — au point de rivaliser avec des Etats entiers. Pendant ce temps, les plus pauvres trinquent à chaque crise écologique, les salaires stagnent à chaque poussée d'inflation, et les plus riches, loin de se sentir redevables, mobilisent toutes leurs ressources pour obtenir baisses d'impôts, forfaits fiscaux et nouveaux privilèges. Les attaques des milieux patronaux contre les conditions de travail dans certains secteurs menacent les conditions de vie de milliers de personnes. Face à cet échec, l'Etat ne peut se contenter de panser les plaies du système. Il doit reprendre la main : la sobriété ne doit plus être un mot tabou, et l'accumulation infinie ne peut plus être notre horizon. C'est le sens des mesures qui suivent : soutenir un tissu économique ancré dans le canton, pour autant qu’il s’engage pour des salaires dignes et des conditions de vie préservées, reprendre le contrôle sur les secteurs stratégiques, et donner aux salarié·es un pouvoir réel dans la gouvernance des entreprises.
1

Renforcer les critères sociaux et écologiques dans les marchés publics ; l’attribution des contrats publics doit intégrer des exigences sociales et environnementales ambitieuses. Les entreprises doivent démontrer le respect de normes claires en matière de conditions de travail, d’égalité salariale et d’impact écologique, y compris tout au long de leurs chaînes d’approvisionnement, afin d’éviter que la commande publique cantonale ne contribue à des formes d’exploitation néocoloniale des pays du Sud global.

Chapitre 15: Bien-être, santé et sport

Le sport est bien plus qu'une pratique de loisirs ou de compétition. Il est un véritable levier de santé publique, d'éducation, d'intégration, de cohésion sociale. À tous les âges de la vie, il contribue à prévenir les maladies, à renforcer la santé physique et mentale, à créer du lien social et à favoriser le vivre-ensemble. Le tissu sportif vaudois repose sur l'engagement de milliers de bénévoles, de clubs, d'entraîneuses et entraîneurs, ainsi que sur l'implication des communes et des fédérations. Ce réseau constitue une richesse essentielle qu'il convient de reconnaître, de soutenir et de pérenniser. Nous sommes d’avis que chaque Vaudois·e doit pouvoir pratiquer une activité physique, peu importe son âge, son genre, son origine, sa situation de handicap, ses revenus ou son niveau de pratique. Le sport doit être considéré comme un investissement pour la santé, la prévention, l'éducation, l'égalité des chances ainsi qu’un vecteur de cohésion sociale. Le contre-projet à l'initiative populaire « Pour une politique sportive vaudoise ambitieuse » constitue une étape importante. Il doit désormais se traduire par une politique cantonale volontariste fondée sur le soutien au sport populaire comme au sport d'élite, sur l'inclusion, l'éthique, la transparence et le partenariat avec les communes et les mouvements associatifs.

Chapitre 16: Culture

Espace d’expression, la culture garantit la cohésion sociale et l’accès à la connaissance, favorise le débat, l’ouverture, la réflexion et élargit les horizons. Participant pleinement au bien-être de la population, elle constitue aussi un pan important de l’économie et du rayonnement cantonaux. La culture exige une politique ambitieuse et spécifique pour être accessible à l’ensemble des Vaudois·es. La situation socio-économique de chacun·e ne doit pas constituer un frein à la participation. Le même constat peut se faire pour le lieu d’habitation : une présence culturelle de proximité renforce la cohésion territoriale et favorise la participation de tous les publics, y compris dans les régions actuellement moins dotées. La culture doit également se déployer dans des conditions durables pour ses parties prenantes, en premier lieu les artistes.

Chapitre 17: Justice - sécurité - police

Nous nous engageons pour une justice sociale, accessible, de proximité et respectueuse des droits fondamentaux. Nous défendons une justice indépendante, dotée des moyens nécessaires pour garantir à toutes et tous une procédure équitable, un accès effectif au droit et une écoute. Nous souhaitons que des priorités de la politique pénale soient exposées et arrêtées par le Ministère public pour décider de l’usage de ses moyens, en particulier sur la base de l’évidence scientifique, et faire face aux difficultés constatées : saturation de celui-ci, dysfonctionnements dans le traitement des situations, parcours d’application des peines incohérents, délais de traitement trop longs, et sentiment d’injustice des victimes, en particulier de violences sexistes et sexuelles. Nous voulons faire de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles et la reconnaissance et la protection des victimes de celles-ci, en particulier des femmes et des personnes vulnérables, l’une des priorités de la politique pénale. De plus, nous combattons les inégalités devant la justice et la criminalisation de la pauvreté. Nous défendons une politique pénale réduisant le recours à l'incarcération, garantissant des conditions de détention conformes à la dignité humaine et privilégiant la prévention, la réparation et la réinsertion. Nous nous engageons pour une police de proximité, ayant de bonnes conditions de travail et les moyens de garantir la sécurité du quotidien pour toutes et tous, formée au respect des droits fondamentaux, à la lutte contre les discriminations et à l'accompagnement des personnes vulnérables. Nous oeuvrons également pour que chacun·e se sente en sécurité et protégé·e, notamment face aux discriminations, et pour des mécanismes indépendants de surveillance et de plainte des pratiques policières.

Chapitre 18: Patrimoine et tourisme

La sauvegarde du patrimoine, qu’il soit culturel, paysager, matériel ou immatériel doit se faire dans une vision de transmission durable aux générations futures et d’amélioration de la biodiversité. Consciente-s de la fragilité de notre écosystème et des sites d’intérêt nationaux, cantonaux et locaux, nous devons rechercher le bon équilibre entre donner un accès raisonné à toutes et tous et assurer leur sauvegarde. Pour cela nous pouvons prendre exemple sur les visions et objectifs des Parcs naturels régionaux et nous prémunir des visions uniquement mercantiles d’un tourisme sans limite.

Chapitre 19: Numérique

Le numérique est devenu incontournable et présente de nombreuses opportunités indéniables, mais aussi des risques dont tous les acteurs de la vie publique doivent tenir compte dans leurs décisions. Le Canton doit créer sa souveraineté numérique, afin de pouvoir maîtriser ses propres données, son infrastructure et les différentes technologies qui garantissent la protection des informations de ses citoyens et de son administration. Sa souveraineté doit aussi se réaliser en supprimant sa dépendance aux géants du numérique par l’utilisation de logiciels libres de droit.

Chapitre 20: Asile et solidarité internationale

La solidarité internationale et le respect du droit humanitaire sont des valeurs fondatrices de la Suisse. C'est sur ces valeurs que repose le droit d'asile — un droit universel que le Canton de Vaud a le devoir de faire vivre pleinement : garantir un accueil digne et une intégration réelle aux personnes réfugiées, et soutenir, dans une logique de coopération internationale, les pays et populations frappés par les crises humanitaires ou climatiques. Quand le renvoi est impossible, la précarité ne doit pas servir de punition. Le Canton doit garantir des prestations d'aide sociale ordinaire couvrant le minimum vital logement, alimentation, soins — pour toute personne déboutée de l'asile dont l'exécution du renvoi est suspendue ou inexécutable. Le Canton de Vaud, compétent pour fixer ces prestations, a l'obligation légale et morale d'y répondre.
13

Garantir l’accès aux cours de français à toute personne étrangère arrivant dans le Canton de Vaud, indépendamment de son titre de séjour. La maîtrise du français constitue un levier important de participation sociale, professionnelle et civique, aux côtés de l’accès aux droits, à la formation, au logement, à l’emploi et de la lutte contre les discriminations. Le Canton doit adapter sa base légale afin que la durée et le coût alloués aux cours de langue soient identiques pour toutes et tous, sans distinction de statut administratif. Pour encourager l’accès aux cours, un accueil des enfants doit être mis en place ainsi que la création de cours pour des enfants en âge préscolaire.