Actualités

Un renvoi qui choque et qui interpelle

Le Groupe socialiste interpelle le Conseil d’Etat sur les conditions de renvoi d’une maman et de ses deux enfants, en Suisse depuis près de 10 ans.

Un renvoi qui choque

Dans la nuit du 22 au 23 mai 2018, à trois heures du matin, les forces de l’ordre ont débarqué dans l’appartement occupé par une famille d’origine bosniaque, composée d’une maman et de ses deux enfants, un garçon de 15 ans et une fille de 7 ans, née en Suisse, alors que le papa est hospitalisé dans un hôpital psychiatrique. Les policiers emmènent la famille dans des voitures séparées et empêchent la maman d’appeler son mari. A l’arrivée à Sarajevo, personne n’est évidemment présent pour les accueillir.
De son côté, le mari est appelé tôt le matin par la maîtresse de sa fille, surprise de ne pas la voir à l’école. Il tente de joindre sans succès son épouse, se rend compte que son fils n’est pas non plus à l’école, se rend à sa maison et la découvre ouverte, fouillée et vide.

Le scénario de cette intervention policière est terrifiant. Le PSV ne comprend pas. Les conditions de renvoi ne sont pas acceptables et contreviennent totalement à l’art. 3b al 2 de la Loi vaudoise d’application de la législation fédérale sur les étrangers (LVLEtr), qui indique que « la situation des personnes vulnérables est prise en compte dans le cadre des modalités de renvoi. »

Une mère de famille traumatisée par le massacre de Srebenica, un père hospitalisé dans un hôpital psychiatrique, deux enfants scolarisés depuis de nombreuses années… Le lendemain de leur renvoi, le traumatisme est important pour leurs camarades et leurs professeurs. Il doit être insoutenable pour cette famille.

Face à cette situation, le Groupe socialiste intervient au Grand Conseil par une interpellation du député Yves Paccaud qui demande au Conseil d’Etat, et plus particulièrement au DEIS et au DIS, des informations complémentaires quant à l’opportunité et au déroulement de ce renvoi.