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Quel coût humain et financier de l’externalisation des postes de nettoyage ?

Le Groupe socialiste intervient au Grand Conseil par un postulat demandant au Conseil d’Etat un état des lieux de la politique d’externalisation des postes de nettoyage, constatée depuis de nombreuses années dans les budgets. Le PSV se demande si cette politique, qui précarise davantage les conditions de travail des employé-e-s de ce secteur, a réellement un bien-fondé économique sur le long terme.

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Depuis plusieurs années, le canton procède petit à petit à une externalisation des tâches de nettoyage et d’entretien de ses bâtiments. Dans le budget 2018, c’est à nouveau 7 ETP qui disparaissent. Il y a 10 ans déjà, la commission de gestion avait mis en évidence ce mouvement d’externalisation et celui-ci se poursuit de manière régulière.

Le PSV s’inquiète de cette situation, car l’externalisation pose des problèmes aussi bien sur les conditions de travail que sur les coûts liés à cette politique.

Concernant les conditions de travail, le PSV constate que l’externalisation fragilise les employé-e-s d’un secteur où les conditions de travail et de salaire sont déjà précaires : salaire minimum selon CCT à 18,95 francs de l’heure, horaire de travail fragmenté, travail pénible, etc. Or, le fait de passer par des marchés publics pousse les entreprises à proposer les prix les moins élevés possibles, ce qui a un effet de sous-enchère salariale et un non-recours à du personnel dûment formé. En outre, lorsqu’une entreprise de nettoyage perd un contrat, elle licencie certain-e-s employé-e-s, devenu-e-s surnuméraires. La nouvelle entreprise reprend parfois une partie du personnel licencié, mais renonce régulièrement à l’engagement de certain-e-s, notamment les plus âgé-e-s. Au final, l’externalisation de ces postes a des effets dévastateurs sur les conditions de travail des employé-e-s.

En outre, le PSV s’interroge sur le bien-fondé économique sur le long terme de ces externalisations. En effet, les entreprises spécialisées s’occupent prioritairement du nettoyage plutôt que de l’entretien. Le recours toujours plus fréquent à leurs services augmente le risque de vieillissement prématuré des bâtiments, qui, in fine, coutera plus cher à l’Etat. Nombreuses sont les communes du canton à engager leurs propres concierges pour le nettoyage et l’entretien de leurs bâtiments afin d’avoir des personnes de référence, disponibles et efficaces, qui assurent un suivi plus global de l’état des bâtiments dont ils ont la responsabilité. Cette politique, qui a toujours fait ses preuves, semble plus cohérente d’un point de vue économique.

Le Groupe socialiste, par le biais de la députée Valérie Induni, interpelle le Conseil d’Etat par un postulat qui demande de faire un état des lieux du mouvement d’externalisation des postes de nettoyage depuis 10 ans, ainsi que de l’état général des bâtiments du canton. En outre, le PSV demande de comparer les coûts des prestations des tiers avec les coûts du personnel fixe sur un long terme pour voir quelle est réellement la meilleure solution pour le Canton.