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Lutter contre le deal de rue et le trafic de drogues

Le trafic de drogues est un marché. Convaincu qu’une action résolue contre le deal de rue doit impacter l’offre comme la demande, le Parti socialiste vaudois (PSV) demande cinq mesures. Plus grande réactivité de la chaîne pénale, extension de la prévention au secondaire I et II par l’intervention d’anciens toxicomanes, revalorisation des programmes d’occupation des migrants, laboratoire mobile d’analyse des substances en milieu festif et participation du canton au test de consommation légal de cannabis. Les demandes concrètes du PSV sont construites autour de la politique des 4 piliers en matières de drogues alliant prévention, thérapie, réduction des risques et répression et seule à même d’agir efficacement contre le deal de rue. Ces mesures interviennent en complément au renforcement de la présence policière décidé par la Municipalité de Lausanne qui déploiera ses effets dès le 15.06. Pour resserrer le maillage, le PSV intervient aussi au niveau fédéral pour faciliter le travail de la police et renforcer la collaboration internationale contre les filières de trafiquants.

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Relancée en 2013, l’opération Strada a renforcé la présence policière et les moyens du Ministère public. Si ses effets sur le brigandage, d’autres infractions contre le patrimoine et contre l’intégrité physique ont produit des résultats encourageants, le deal de rue reste bien présent. Dans son interpellation, le député Stéphane Balet demande une évaluation de l’opération notamment quant à l’étendue des peines fermes et des délais dans lesquelles elles sont exécutées contre les trafiquants. Il réclame des sanctions plus dissuasives passant par des courtes peines privatives de liberté, voire des travaux d’intérêts généraux (modalité d’exécution des sanctions). La réactivité et l’efficacité de la chaîne pénale sont indispensables pour être réellement dissuasives contre les trafiquants.

Déterminé à réduire la demande de toutes les formes de drogues qui rencontrent beaucoup de succès notamment auprès des plus jeunes (cocaïne, ecstasy, MDMA, amphétamines, hallucinogènes), le PSV demande une prévention aussi large et étendue que possible au secondaire I et II. Les adolescents et futurs adultes sont tous susceptibles de se voir offrir de la drogue. Aucun d’entre eux ne doit échapper à une prévention sur ses effets concrets, qui peuvent être dévastateurs pour leur santé, leur socialisation et leur réputation. Par la voie du député Jean Tschopp, le PSV demande aussi l’intervention d’anciens toxicomanes pour dissuader les jeunes.

Privés d’activité, plusieurs requérants d’asile ou déboutés sont livrés à eux-mêmes. Une minorité d’entre eux se tournent vers le deal de rue. Les programmes d’activités professionnelles auxquels peuvent prendre part notamment les requérants d’asile ou personnes admises à titre provisoire sont plafonnés à CHF 300/mois pour une durée de 80 heures. Dans une interpellation au Grand conseil, le député Alexandre Démétriadès demande une revalorisation financière pour renforcer la participation à ces programmes et un assouplissement à ces conditions d’accès.

La circulation de produits en clubs ou lors de festivals fait parfois courir des risques très élevés aux consommateurs en raison de leur haute teneur en substances actives. Mis en place en Suisse allemande ou à Genève (notamment lors de la Street ou de la Lake parade), les laboratoires mobiles (drug checking) permettent aux consommateurs de faire vérifier leurs substances à des fins de réduction des risques et de leur prodiguer des conseils. La députée Amélie Cherbuin demande de transposer ces laboratoires mobiles dans le canton de Vaud lors de manifestations festives sur l’ensemble du territoire vaudois.

Le deal de rue et ses effets néfastes doivent être combattus sans délai. Les mesures précitées n’empêchent pas le PSV de réfléchir à des solutions à plus long terme s’attaquant au trafic de drogues et à ses dégâts constatés depuis plusieurs dizaines d’années. Dans une motion, la députée et présidente du PSV Jessica Jaccoud demande que Vaud soit le premier canton à rejoindre le groupe suisse des villes pour un test de consommation légal de cannabis. Ce virage a déjà été amorcé par la régularisation du CBD sur le marché suisse. Une régularisation ou légalisation de la vente de cannabis permettrait d’agir directement sur la diminution du deal de rue en s’en prenant aux filières clandestines, de renforcer la prévention et d’offrir un meilleur suivi aux consommateurs souhaitant cesser leur prise de cannabis.

À Lausanne, en complément au renforcement de la présence policière dans les zones sensibles 7 jours sur 7 de 8h à 22h effective dès le 15.06, le président du PS Lausanne, Denis Corboz demande par voie d’interpellation une meilleure vision d’ensemble du deal à Lausanne pour agir avec efficacité contre le trafic de drogues sous toutes ses formes.

Sur le terrain, le travail de la police se complique en raison des quantités de drogue transportées par les trafiquants souvent insuffisantes (inférieures à 18g pour la cocaïne et à 12g pour l’héroïne) pour prononcer des peines planchers d’un an au moins. La conseillère nationale Rebecca Ruiz interpelle le Conseil fédéral sur les moyens de faciliter le travail de la police sur le terrain pour que l’arrestation de dealers avec de plus faibles quantités n’empêche pas des sanctions dissuasives rendues possibles avec la réintroduction des courtes peines privatives de liberté. L’élue socialiste s’interroge aussi sur l’action de la Police fédérale et la collaboration avec les polices européennes contre les filières de trafiquants.