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Le travail, c’est la santé ?

Lors de sa conférence de presse du jour, le Parti socialiste vaudois a présenté un bouquet d’interventions parlementaires relatives aux problèmes de santé au travail. Dans un monde du travail toujours plus exigeant et concurrentiel, ceux-ci se multiplient et deviennent l’un des enjeux majeurs de notre société. En effet, des conditions de travail défavorables peuvent être la cause de problèmes de santé importants qui pèsent aussi bien sur les employés que sur les finances des entreprises. Pour le PSV, il est urgent d’agir : il propose ses solutions au Grand Conseil.

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Un-e collègue en burnout, un-e connaissance qui souffre de douleurs chroniques à la nuque ou au dos, une amie en détresse car elle ne sait pas comment poursuivre son allaitement lors de sa reprise professionnelle, un-e proche connecté-e 24h/24 à son téléphone professionnel. Nous connaissons toutes et tous des personnes dans une de ces situations. Le PSV avait fait de la santé au travail l’un de ces thèmes de campagne. Fidèle à son slogan « des actes, pas de blabla », il présente quatre objets parlementaires visant à trouver des solutions constructives face à ces problèmes.

Le député Jean Tschopp dépose une interpellation sur le droit à la déconnexion. L’évolution technologique de notre société a modifié nos pratiques quotidiennes avec notamment un recours continu aux objets connectés : ordinateurs, tablettes, téléphones, montres intelligentes, etc. Cette évolution rend particulièrement étanche la frontière entre vie privée et vie professionnelle et peut avoir des conséquences importantes sur la santé des employé-e-s. Le Parti socialiste propose au Conseil d’Etat d’intervenir pour un droit à la déconnexion aussi bien par une politique de prévention que par une base légale.

La députée Amélie Cherbuin intervient par une interpellation relative à la problématique des troubles musculo-squelettiques (TMS) qui sont l’une des maladies les plus fréquentes dans le cadre du travail. Ces troubles apparaissent lorsque l’employé-e doit arborer des postures pénibles ou effectuer des mouvements répétitifs. Ces mouvements répétitifs effectués dans un bureau, toute une journée devant un ordinateur sont pourtant moins admis comme pénibilité physique. Et pourtant ces situations peuvent engendre de nombreuses douleurs chroniques, au dos ou à la nuque notamment. Le PSV demande au gouvernement vaudois l’état de la situation des contrôles effectués par le service de l’emploi et propose de mettre en place une campagne d’inspection sur les troubles musculo-squelettiques.

Le journal 24heures du 31 janvier 2018 présentait de manière détaillée les difficultés de certaines jeunes mères pour poursuivre l’allaitement de leur enfant au moment de la reprise de l’activité professionnelle. La loi autorise pourtant les travailleuses à disposer de pause allaitement rémunérées durant les douze premiers mois de l’enfant, mais dans les faits les obstacles sont nombreux : les employeurs méconnaissent souvent la loi ; l’organisation du travail rend difficile de prendre des pauses pour allaiter ou tirer son lait ; les employeurs n’ont pas de locaux adéquats à disposition. Ces situations peuvent mettre les jeunes mamans dans des situations de détresse sachant que l’OMS recommande l’allaitement exclusif jusqu’au sixième mois après la naissance de l’enfant. La députée Carine Carvalho Arruda dépose un postulat visant à trouver des solutions pour améliorer la situation actuelle, notamment en définissant et en diffusant des bonnes pratiques aux employeurs pour faciliter l’allaitement sur le lieu de travail.

Toutes les situations décrites ci-dessus et d’autres génèrent du stress, qui peut conduire in fine au burnout ou à la dépression. La facture sociale liée au stress dans les entreprises est estimée à 4,2 milliards de francs par an et ne cesse d’augmenter. Le stress est un facteur de coûts humains et financiers bien réels. Pourtant il est fréquemment sous-estimé. Des mesures existent, mais seule une minorité des entreprises du canton y fait appel. Pour le PSV, il est nécessaire de faire un plan d’action pour la prévention des burn-out. La députée Pauline Tafelmacher dépose un postulat demandant au Canton de mettre en place un monitorage de la sinistralité par entreprise et de donner l’accès des résultats à une commission multipartite réunissant l’Inspectorat du travail, les professionnel-le-s en santé du travail, des psychologues ou des sociologues du travail, des représentants de l’Etat et des partenaires sociaux afin de proposer aux entreprises la mise en place de mesures ciblées et destinées à réduire les cas de maladie de longue durée.