Mieux contrôler de bout en bout la filière porcine

Le Parti socialiste vaudois est intervenu hier au Grand Conseil concernant le contrôle des porcheries. Le rapprochement entre le service de promotion de l’agriculture et celui des contrôles interroge sur la réelle autonomie de ceux-ci.

La récente vidéo publiée par la fondation MART sur une porcherie du canton a fortement choqué l’opinion publique. Les images d’animaux en souffrance sont difficilement soutenables. L’opinion publique a été tout autant choquée de savoir que cette porcherie avait été contrôlée quelques mois auparavant et que le rapport indiquait que les normes étaient respectées. La fondation MART dénonce l’absence de neutralité de l’inspection et pense que la porcherie avait été informée en amont du contrôle. Sans entrer dans une telle polémique, la discrépance entre les images et le rapport soulève de nombreuses questions, notamment sur l’organisation des services au sein de l’Etat. 

Déjà en 2007, le COGES avait soulevé le problème du rapprochement du service de promotion agricole et celui du contrôle. Le Conseil d’Etat avait alors répondu en mettant en avant les bénéfices d’un tel regroupement.

La nouvelle législature 2017-2022 a donné lieu à des transferts de services : le Service cantonal des affaires vétérinaires (SCAV) rejoint le Département de l’économie, de l’innovation et du sport (DEIS) dans lequel se trouve déjà le Service de l’agriculture et de la viticulture (SAVI). Dès lors, l’un promeut l’agriculture (SAVI), l’autre exerce une surveillance et doit sanctionner en cas de problèmes (SCAV).

Cette proximité entre service qui promeut et service qui surveille s’accroit encore d’avantage lorsque le service qui exerce les contrôles délègue une partie de ceux-ci à des personnes qui peuvent être ou sont eux-mêmes des exploitants. En effet, les associations d’exploitants agricoles représentant les différentes branches de production (culture et élevage) ont créé en 2004 une association, intitulée CoBra (Association vaudoise de Contrôle des Branches Agricoles) dont la mission est d’organiser et de coordonner tous les contrôles de la branche agricole. Certains contrôleurs sont donc issus de la branche directement concernée et vivent, ou ont vécu, des revenus liés à cette branche.

Par l’intermédiaire de la députée Valérie Schwaar, le Groupe socialiste demande au Conseil d’Etat des éclaircissements sur cette organisation des services et sur les garanties d’autonomie des contrôles dans le domaine des porcheries.